Lorsque je déambule à Montréal, il m'arrive de vouloir peser sur la suce. Dépassement par accélération vive et voie rapide font d'ailleurs partie de mes forces alliées. À la différence près que mon circuit se trouve en parallèle à celui d’automobiliste. Là où il ne semble y avoir de surveillance piétonnière. Bienvenue sur ma voie d’accotement privilégiée : le trottoir.
Le trottoir est un peu comme le no man's land de la signalisation routière. De prime abord, aucun panneau de limite de vitesse, de délimitation indiquant les endroits appropriés au dépassement. On n'a même pas droit au repos ultime du rouleur, la halte routière.
Aucun policier non plus embusqué derrière une poubelle, radar à la main, à surprendre ceux qui bousculent, qui ne cèdent pas le passage ou qui se conduisent en zigzaguant en fou. Pas mêmes besoins de permis pour y circuler.
Imaginons maintenant le phénomène multiplié à l'échelle de la rue, de long en large. Quand on parle d'avenue piétonnière, il est facile de penser; paradis des piétons. Or, tout n'est pas pavé d'or et d’ange harpé sur celle-ci. Ce n'est déjà pas facile sur une largeur de 4 pieds, alors pour ce qui est de la rue au grand complet…
Avouons-le, on rivalise du coude et de vitesse sur ces chemins surélevés longeant les rues. Si en plus on rajoute au parcours du piéton poussette et vélo, olé! Sans oublier en ces temps d’été pré pubère, terrasse d'infortune germant ici et question d'ajouter un obstacle de plus a son parcours, le marcheur se verra la proie de quêteur en plus d'être emboucané par les meutes de fumeurs.
L'État et la STM remercient à coup de subvention et de publicité vantant les vertus des usagers du transport en commun de contribuer à la réduction du gaz à effet de serre. Citoyens marcheurs, aux armes; et les piétons eux! Qui descend dans les rues leur dire que marcher est ce qu'il y a de mieux pour l'environnement. Qu'on se penche un peu sur leur cas avant de parler de tramway! Vivement une journée du marcheur et non pas sa soeur, une journée sans auto. Au passage, crédit d'impôt pour achat d'équipement aux piétons puisqu‘un kilomètre à pied, ça use… ça use les souliers.
samedi 26 mai 2007
Pignon sur trottoir
mardi 22 mai 2007
Ces soldats qui nous reviennent
Survivre pour revenir, les soldats canadiens en Afghanistan, je leur souhaite de tout coeur. La guerre est loin de nous, ils reviendront bientôt nous la ramener en pleine figure. Dany Laferrière parlait l’autre jour de ces blessés qu’on nous énumère lorsqu’on fait l’inventaire périodique des différents conflits armés, ceux à l'ordre du jour. De ces agents de propagande, comme ils les appellent, qui iront, par leurs blessures, témoigner, plus longtemps qu’un mort, aux yeux de tous, l’atrocité du combat. La guerre à visage découvert, humaine.
Humaniser la guerre par des photos, des films ou la télé, dans un rectangle, met entre parenthèses le problème de la ré-incorporation des soldats dans le corps social. Qui dit pays en guerre, Canada, dit soldats qui reviennent de cette guerre, témoins. Nous rendant ainsi témoins par le fait même. Complice? Cette rencontre entre ceux qui y sont allées et ceux qui l’on vue, téléspectateur, il faut la, s’y préparer.
Ils reviennent tranquillement pas vite, nous montré ce qu’on ne leurs apprends sûrement pas à Val Cartier : faire face au regard de la population un bras en moins, brûlé ou paranoïaque. Il y en aura qui seront des sucess story, ayant aidé, perduré et tué dans les montagnes afghanes. Certains aussi auront perdu la langue, l’appétit et leur lustre oculaire.
Vous me direz que le Canada n’en est pas à son premier déploiement militaire à l’étranger. Certes, on commence juste entendre les histoires de casques bleus, castrés mentalement de ne pouvoir exprimer leurs souffrances, a voir la lumière au bout de leur sous-sol ou ils s’y terrent quelque fois des années après leur démobilisation. On peut être d’accord ou pas sur la décision d’envoyé des soldats en guerre. Par contre, on peut difficilement rester indifférent à son chummy d’enfance sur le divan, les yeux blafards, vietnamisé en Afghanistan, répétant sans cesse Kaboul, Kaboul, Kaboooom!
lundi 21 mai 2007
Ad vitam aeternernam
La vie après la mort, vous y croyez? Pas de lien ici avec l’histoire du gars qui nous observe, fourmis, d’en haut, ni d’en bas, le semi-sous-sol de la terre, l’enfer ni même présent parmi nous, comme fantôme. La vie de votre corps après l’avoir habité.
Et si on vous proposait une technique digne de Walt Disney sans le froid, je comprends que vous en avez soupé avec nos hivers dirait la pub. On vous injecte un produit dans les veines qui fait de vous une matière réutilisable, ou du moins, qui paralyse le processus de putréfaction du corps. Sorte de deuxième vie quoi. Sur son lit de mort, à la vue des visiteurs années durant, comme empaillé. Reporter votre date d’expiration, indéfiniment.
Certes, l’exposition qui a cours au Centre des sciences de Montréal soulève à bout de bras injectés au formol des questions sur la pérennité du corps, si possible dans la position de notre choix. L’adjectif immortalisé était jusqu'ici réservé au processus photographique, à l’image. Celui-ci semble aujourd’hui de plus en plus projeté sur l’espèce humaine. On a qu’à penser à la longévité croissante des populations, Occidentales en particulier, au clonage et aux nouvelles technologies visant la régénération des cellules du corps. L’éternité, comme qui dirait, s’approche de nos pieds.
Avant d'être inhumé, un corps-mort séjourne encore quelques jours avec nous, humble vivant. Par ailleurs, considérant l'offre d’une possible prolongation de ce séjour, certains pourraient dès lors vouloir rester en chair et en os le plus longtemps possible. Qui sait, les entreprises funéraires pourraient y voir une occasion de conjuguer avoir l’air et mort tout en facturant à l’être avant qu'il décède. Cela, sans oublier les nouveau paradis de l'esthéthique, j'ai nommé les centres de beauté, offrant forfait tout inclus (botox, lifting et autres rayons lasers) avant décès. Beauté pour l’éternité dirait la pub.
mercredi 16 mai 2007
Nicotine jonz
Son salut, sa félicité pour une clope. Se faire des amies aussi grâce à la nicotine. Cette drogue tient pour elle seule, la responsabilité de million de rencontres induites par le manque qu’elle crée en son absence. Elle pousse les gens à se parler, à se regarder, à coordonner ensemble la passation et l’allumage de ce cylindre habituellement blanc et orangé.
La perspective de tomber à cours de cigarette lors de sortie en effraie plusieurs. Prévoyant, on en fait provision. Invariablement, il y aura de ces soirs où l’estimation ne s’avérera que peu juste et dès l’instant ou l’envie se fera ressentir, en quêter une à vos amis viendra presque par réflexe, instinct de survie diront certains. Dans ce cas-ci, l’acte d’en voler une semble flou et difficilement discernable. Le paquet est là, l’envie au rendez-vous, pourquoi pas? qui vous en portera préjudice?
Une tangente plus agressive de cette quête comporte de négliger votre considération envers l’action du potentiel donneur. Que ce soit l’interruption d’une conversation par une tape sur l’épaule, crier à distance ou entretenir une fausse conversation dans le but de : l’objectif reste le même. La puff qui calmera le jeu. Certains fumeurs iront même jusqu’à sortir de leur domicile, les poches vides, en quête des ces bouffés de fumée empruntée.
Aussi, celui qui regarde le cendrier, sentant monter en lui une possibilité d’inhalation peut à l’occasion mettre son coeur à l’ouvrage. La méthode Port-Cartier, prison, consiste à égrainer ses mégots pour leur redonner vie. Opération délicate s’il en est une, elle procure en outre un plaisir autarcique, d’autosatisfaction, un peu comme une branlette. C’est faire avec ce qu’on a.
La cigarette peut vous mener à mendier, rouler vos botchs et voler vos amiEs écrit en caractère gras sur l’entête du paquet aurait peut-être un effet insidieux. Subversif comme un miroir dans lequel chacun pourrait percevoir une partie de son reflet.
mardi 15 mai 2007
Un anarchiste subventionné
Pour lui, l’anarchisme tend vers l’abolition de l'état, mais pas de ses subventions. Tout le monde égal pour plus de justice. Un anar chic-type posé sur le balcon de mon voisin hier. Français de surcroît, membre du 1%. Très loin de la classe moyenne le Monsieur et de l’ADQ-des-familles, c’est au centre du Québec pour ceux qui se la posent. À l'antipode des young-angry-white-men-with-a-calotte du 418-19. Beaucoup plus peace, moins porté à parlé de poils pubiens aussi.
Faites attention, St Denis s’anglicise qui me disait. Quoi? J'ai fini par savoir que sa source, c'était les 2 trois dépanneurs autour de la rue Sherbrooke qu'ils fréquentaient régulièrement. C'est à l’intérieur de ces commerces que la résistance anglo de la rue St-Denis se barricade que nous finîmes par conclure.
En France aussi il y a clivage politique qui me dit. On parle que là-bas, les jeunes ont voté sensiblement pour la gauche, les plus vieux la droite. De lui répondre, sur ce coté-ci de l'Atlantique, c’est moins l'âge que la proximité d'une pelouse bien rasée et d’un véhicule familiale qui a pesés dans la balance des électeurs.
Voté pour la dernière présidentielle, il s'en est abstenu. Pas le droit de chialer alors.
-De quoi tu me parles, je suis là pour faire bouger les choses, créer, monter des projets communautaires de toutes pièces, dans l’action quoi!
-Pas l’action démocratique toujours?
dimanche 13 mai 2007
Lire sa facture
Rebrousser chemin; chercher son dû. Pour 2 dollars. Je parle à la gérante, qui, elle, jette un coup d’oeil à la caissière, qui elle soupir devant lui, qui semble plus pressé que moi, plus qu’un centipède lorsqu’il tente de se dérober d’une semelle de soulier. La raison, on m'a volé 2 dollars.
Un commis est appelé, jeune asymétriquement coiffé, me lâche un regard las derrière une couette qui lui pend au visage. Il part, il revient. 3.89$ et il s’en retourne.
On me regarde et me crédite. Désolé.
vendredi 11 mai 2007
Papa, combien t’as eu dans ton bulletin?
-Moi, mes fils étaient évalués avec des chiffres, comme Jacques Demers, je comprenais tout. Par contre, ma plus jeune Éloïse, qui est dans votre classe, est notée avec des lettres et là c’est la dérape. C’est compliqué comprendre des lettres, surtout qu’il faut lire ce qu’elles représentent et en plus c’est long .
-Monsieur, je comprends vos inquiétudes et je les partage. Votre note sera C en compréhension de bulletin. Pour vous avoir déplacé à la rencontre de parent, vous obtenez B en suivie de l’élève. Votre capacité de vous exprimer dans un français compréhensible avec un membre du personnel enseignant répond à la norme souhaitée selon les compétences transversales quoique certaines améliorations au niveau du vocabulaire utilisé sont souhaitables. Merci de vous être déplacé et bonne journée. Suivant!
jeudi 10 mai 2007
Boisclair Post-it
Ça ne collera plus. Le chef qui servait de babillard à tous et chacun s’est retiré. Sur qui apposerons-nous nos étiquettes à présent : pédé, de droite, pas fin avec les autres, coké?
Je l’ai entendu nous dire, s’adressant alors devant un auditorium plein à l’Université de Montréal, que le premier engagement d’un Québec souverain serait de verser un montant x au pays en développement. Et les mains se sont mis à applaudir, et les scalpers du PQ à vendre leur carte de membre.
Je l’ai revue, déstabilisé par un journaliste coriace qui l’empoignait de clarifier sa position sur l’alliance souhaitée avec l’ADQ à deux jours du scrutin. Boisclair de répondre au dit journaliste :«2 questions max»
Entre-temps, le tableau se remplissait de post-it ou en un mot, l’homme était résumé. Il n’a pas eu d’heure de gloire en tant que chef, au lieu de cela, il a recolté des post-its collés à son front pendant toute la durée de son séjour sur le trône du PQ.
Je ne sais pas vous, mais moi, me faire décrire en mots, ça me constipe. Presque assurément, je le prends personnel, je me rétracte à l’entendre, en mode contre-attaque. St’un ci, st’un ça. Réjean Thomas aussi est fâché.
Pour sa part, le président de la chambre de commerce gaie du Québec, ici cité dans La Presse indique que «Boisclair n’était pas un bon ambassadeur de la communauté gai (...) trop centrée sur ces ambitions personnelles». Paradoxale, voulait-il un gai sans ambition, ou plutôt à genoux, la communauté sur ses épaules?
Pour leur répondre, Monsieur Boisclair élaborait, élaborait, jusqu'à tant qu’il ne reste plus personne pour l’écouter, trop occupé à lui parler dans le dos.
Le chef déchu part, l’espoir là vu passé sans broncher.
Plateau musique
Le tricot machine est un art qui permet l'expression de notre créativité. Lorsque nous tricotons à la machine, nous ne faisons pas que fabriquer un vêtement, nous créons son style, sa texture, ses motifs, ses agencements de couleurs — Claire Bourassa.
Ça a tout l’air que Tricot machine est passé haut la main à travers le temps qu’il a faites cet hiver. Au Théatre Ste. Catherine était convié, le 8,9,10 mai, ceux qui on fait de même.
L’endroit est convivial, à l’entrée, on y croise des fans qui dégustent une trempette. On peut aussi apercevoir Matthieu qui sort des toilettes de notre siège. La bière sort d’un vrai frigo. On est assis sur des chaises en plastiques très similaires à celles où nos fesses se posaient à l’école primaire.
Une première partie, ça se doit de se présenter avant de commencer sa partie. N’est-ce pas?
On les écoute sans dire autres mots que ours, chocolat, pluie et super. On rit aussi. Catherine s’en peut plus de faire des liens. Quoi, déjà le rappel, ça passe si vite.
Y manque un peu de groove, de snair, surtout de la fanfare sur la peur pour lui faire peur. Prévenu, piano-voix inscrit sur le ticket.
Plombait un silence sur leur prestation qui a hâte de se dégourdir les jambes aux Francos en août. Hein beubé.
Il paraît que juste à les regarder, ça donne le gout de tomber en amour: rincez-vous l’oeil!
Photo; John Londono
