mercredi 26 novembre 2008

Lire et attendre

Attendre dans une salle d’attente, c’est long et ennuyeux, mais cela pourrait devenir instructif avec un nouveau projet de loi. La politique de la salle d’attente, du jamais vu. Elle vise à combattre la pauvreté de lecture dans les salles d’attente des bureaux du gouvernement et elle demande des citoyens pour la réclamer.

Le temps d’attente à l’urgence, au bureau de la RAMQ ou de la SAAQ stagne ou augmente avec les années. Quoi faire? Trouver un moyen de tromper l’ennui. Comment? Par la lecture de documents gouvernementaux.

Pensez au nombre de documents écrits par des fonctionnaires, joyaux d’information pertinente pour le citoyen, qui sont cachés au fond de la bibliothèque de l’Assemblée Nationale. Projet de loi, rapport de commission, procès-verbaux des échanges entre députés. Ce sont de précieux trésors remisés sur des tablettes sans raison valable.

Voici un slogan pour la politique de la salle d’attente. Dites adieu à l’expression : « Un autre rapport oublié qui prend le chemin de la tablette. »

Sortons ces documents gouvernementaux des boules à mites. Citoyens avares d’information, qui veulent en avoir pour leur argent, exigeons une accessibilité accrue dans nos salles d’attente à ces documents payés par nos impôts. Là où le temps pour les lire ne manque pas.

Après la lecture du rapport de la commission Bouchard-Taylor et avant d’avoir son bras garni d’un plâtre, ça rend le citoyen plus brillant, mais aussi frustré du temps d’attente. On ne peut pas tout avoir en même temps…

Pour ceux qui se demandent si cette politique est inclusive, si elle pense à tout le monde, eh bien oui. Pour tuer l’ennui, les analphabètes auront accès à des livres audio. Pour les autres, ils peuvent toujours épier les photos de nos vedettes dans de vieux 7 jours.

mardi 18 novembre 2008

Portés disparus

Vous aimez la musique de la série-télé Minuit le soir et le magazine Urbania? Les deux sont imprimés sur des berlingots de lait par les temps froids qui courent. Ils sont portés disparus. Deux disparus qui diffusent de la fausse information sur leurs sites web respectifs.

« La série Minuit le soir a connu un succès inattendu auprès de la population québécoise et française. La bande originale de la série remporta le prix « Meilleure musique-série dramatique » aux derniers Prix Gémeaux; celle-ci assurait à la série cette atmosphère si particulière. Le compositeur derrière cette musique ambiante est un talent bien québécois, Nicolas Maranda. » Cette information correcte est tirée du site myspace de Minuit le soir et est disponible au lecteur depuis plusieurs mois.

Un peu plus loin dans le même paragraphe, un cul-de-sac. « La bande originale de Minuit le soir composée par Nicolas Maranda est maintenant en ligne sur minuitlesoir.com pour les mélomanes qui veulent approfondir l'expérience de la série. » C'est faux. La musique est muette à cette adresse internet inactive.

Nicolas Maranda répond à un admirateur à la recherche de sa musique : « On vient de me signaler le problème, je te reviens là-dessus d'ici peu. » Un mois après cette réponse, aucune solution concrète n'est implantée.

L'auteur de la série Minuit le soir, Pierre-Yves Bernard, travail ces temps-ci comme auteur-compositeur. Au rythme où vont les choses, son album devrait paraître avant la bande sonore de sa série-culte.

Suggestion : rendre la bande sonore disponible dans le magasin d'Itunes.

Après la musique muette, l'autre grand disparu de cet automne est un tas de feuilles vierges.

« Urbania est un magazine montréalais curieux et indépendant qui célèbre l'urbanité sous toutes ses facettes. » Jusqu'ici tout va bien dans cette description provenant du site web Urbania.ca. Après, cela se gâte.

« Flairant l'essence de la ville, Urbania se renouvelle constamment en posant un regard neuf sur la société à travers un thème différent à chaque parution. » Erreur. Les abonnées à la revue sont sans réponses depuis le 27 juin 2008, date de parution du numéro d'été.

Censé paraître au début de chaque saison, le renouvellement automnal d'Urbania est perdu dans un tas de feuilles mortes. De feuilles vierges?

Suggestion : avertir les abonnés.

Pendant une saison où l'on passe plus de temps au chaud à lire avec une musique de fond, deux grands disparus manquent toujours à l'appel.

lundi 17 novembre 2008

Poème d'accueil

Un immigrant arrive au Québec souvent sans connaître la littérature de chez nous.

À titre d'introduction à la littérature québécoise, lire notre poète national Gaston Miron est de mise. Pour accompagner le nouvel arrivant en notre terre du nord, Miron écrit dans son célèbre recueil L'homme rapaillé, un poème au goût d'exode.

Un vieil adage québécois estime que tous les habitants d'ici sont des immigrants. Ce poème décrit la beauté des similarités entre l'état de l'habitant et celui de l'immigrant, liée ensemble par l'histoire du Québec, terre d'accueil depuis sa fondation, v'là 400 ans.

Sur l'album 12 hommes rapaillés qu'il a réalisé, Louis-Jean Cormier chante ce poème nommé La route que nous suivons

Voiçi ce poème, à lire après un exil.

Gaston Miron : La route que nous suivons

À la criée du salut
nous voici armés de désespoir
au nord du monde
nous pensions être à l'abri
loin des carnages de peuples
de ces malheurs de partout qui font la chronique
de ces choses ailleurs qui n'arrivent qu'aux autres
incrédules là même de notre perte
et tenant pour une grâce notre condition

soudain contre l'air égratigné de mouches à feu
je fus debout dans le noir du Bouclier
droit
à l'écoute
comme fil à plomb à la ronde
nous ne serons jamais plus des hommes
si nos yeux se vident de leur mémoire
beau désaccord
ma vie qui fonde la controverse
je ne récite plus mes leçons de deux mille ans
je me promène
je hèle et je cours
cloche-alerte mêlée au paradis obsessionnel
tous les liserons des désirs fleurissent dans mon sang tourne-vents
venez tous ceux qui oscillent à l'ancre des soirs
levons nos visages de terre cuite
et nos mains de cuir
repoussés
burinés
d'histoire et de travaux

nous avançons
nous avançons
le front comme un delta
« Good-bye farewell ! »
nous reviendrons
nous aurons à dos le passé
et à force d'avoir pris en haine toutes les servitudes
nous serons devenus des bêtes féroces de l'espoir

dimanche 9 novembre 2008

Pomme de terre d'un pays en guerre

Quelles seront les relations entre le Canada et les États-Unis pendant la présidence de Barack Obama? Ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et frère de l'ex-premier ministre, Raymond Chrétien a quelques idées sur le sujet. Selon lui, il est bon pour le Canada de rester en Afghanistan s'il veut améliorer le sort des cultivateurs de patates de l'Île du Prince-Édouard.

Raymond Chrétien est le frère de Jean Chrétien et ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis de 1994 à l'an 2000. Aujourd'hui, il commente l'actualité politique dans les médias.

À propos de Barack Obama, M.Chrétien croit qu'il faut l'éduquer sur le Canada, un pays que le nouveau président connait peu.

Il est contre les positions de Barack Obama au sujet de la renégociation de l'ALENA, l'Accord de libre-échange nord-américain entre le Mexique, les États-Unis et le Canada. En d'autres mots, il est contre la fermeture des frontières états-uniennes aux produits importés de ses voisins. Particulièrement, ceux du Mexique fabriqué à bas prix et donc difficile à concurrencer.

Sur la sécurité nationale américaine, il ne faut pas se berner, « c'est à partir du prisme de la sécurité qu'Obama prendra toutes ses grandes décisions », déclare l'ancien ambassadeur.

Pendant une entrevue à l'émission Les Coulisses du Pouvoir, M.Chrétien donne son opinion sur l'implication américaine dans la guerre que mène le Canada en Afghanistan. Voici l'échange entre M. Chrétien et l'animateur Denis Lessard. On y parle de patate.

D.L. : Quand Monsieur Obama promet de sortir d'Irak le plus rapidement possible, et de concentrer son armée en Afghanistan, c'est une bonne nouvelle pour le Canada?

R.C. : Oui. Déjà, les Américains ont augmenté leur troupe en Afghanistan. Le dossier de l'Afghanistan est une très belle carte de visite pour le Canada, car cette guerre permet d'avoir accès aux décideurs américains. À la fin des rencontres avec les décideurs américains concernant la guerre, il est toujours plus facile pour nous de leur parler d'autres dossiers de moindre importance. Par exemple, le dossier des pommes de terre de l'Île du Prince-Édouard. »

Il ne précise pas ce que renferme le contenu du dossier sur les pommes de terre prince-édouardiennes

vendredi 7 novembre 2008

Barack Obama, tonton d’America

Beaucoup d’Africains sautent de joie. Un des leurs est élu président de la plus grande puissance mondiale. Après son élection, la journée nationale de la famille Obama fût célébrée dans le pays de son père, le Kenya.

D’un Obama, les Africains pensent obtenir plus d’argent en aide humanitaire et une facilité d’accès à l’Amérique. Barack ne nous fermera pas la porte des États-Unis au nez, pensent les futurs immigrants.

Tiken Jah Fakoly est un chanteur reggaeman originaire de la Côte D'Ivoire. Son message au nouveau président est clair : ouvrez les frontières!

Une de ses chansons décrit l’état des relations Afrique-États-Unis. Encore là, le message est clair : les U.S.A sont les tontons d’un continent affamé.

Un des défis du président Obama est de repositionner les États-Unis à l’international. La réputation du pays est ternie par les guerres et l'injustice qu'il provoque.

Pour l’aider dans ce travail, voici une carte postale de l’Ivorien Tiken Jah à son frère Obama, le tonton d’Amérique. Un état de la situation actuel.

Tonton D'America
II est arrivé
Oncle Ben's avec un drapeau
voici du riz
« il ne colle jamais! »
il ne nous restait plus que la peau sur les os,
alors distribution de Dakar à Lomé
c'était du riz long grain
américain,
des sacs partout
mais y avait pas un seul bouquin
Les hommes ont dit
« puisque c'est dans les colis,
qu'on trouve à manger nous on reste au lit »
Il nous a donné la recette du bonheur
il nous a même donné l'heure…

Tonton d'America

Il est arrivé habillé comme un cow-boy,
il était beau
comme un paquet de clopes,
avec dans sa hotte
la dernière game-boy
et des jouets de toutes sortes,
des jouets qui valaient une fortune
et une fusée pour aller sur la lune

Tonton d'America

On a joué,
quand les piles se sont usées
le cowboy a repris sa game-boy
il a dit aux moutons,
« fini de danser! »
c'est moi le shérif
et vous serez les bad boys,
on a beau dire
mais quand on est nus
même au diable,
on souhaite la bienvenue
il a fait tous les endroits habités
et c'est depuis qu'aux 4 coins de la planète,
on est tous assis à faire la même dictée
tous à manger la même bouillie dans l'assiette !

Tonton d'América

il a pris tout le zinc
pour en faire le métro,
il a pris nos cheveux,
s'est fait la coupe afro
il a pris tout le café,
il a pris tout le cuivre
il est parti sans nous laisser la marche à suivre !

Tonton d’America


dimanche 2 novembre 2008

Déguisement camouflage

En ce lendemain de vieille de party du 31 octobre, une question s'impose.

Les policiers de Montréal, avec leurs déguisements moitié-agent de la paix à Kandahar, moitié-soldat du 514, ont-ils récolté beaucoup de bonbons à l'Halloween?

À les voir déambuler dans les rues (une bonne chose), c'est à se demander s'ils sont pris au sérieux. Cela donne aussi l'air que beaucoup des soldats envoyés en Afghanistan déambulent désormais dans les rues de Montréal.

Moyen de pression utilisé par le syndicat des policiers, le port du pantalon camouflage donne un support tacite au Canada, un pays en guerre en Afghanistan.

En passant, en ville, le camouflage, à part sur le mont Royal...